Trois artistes femmes à découvrir à Los Angeles

La côte Ouest des États-Unis a beaucoup à offrir, et pas seulement des stars de cinéma ou des plages. A Los Angeles, le Broad est un des musées incontournables quand on aime l’art contemporain. Voici trois artistes femmes à découvrir. Difficile de ne choisir que 3 œuvres à vous présenter !

#1 African’t, de Kara Walker

J’ai découvert Kara Walker, plasticienne Afro-Américaine né en 1969 en Californie, au Broad, avec cette œuvre impressionnante. Par sa taille d’abord: plus de 20 mètres de long sur 3,65 m de haut. (African’t a sa propre pièce au Broad). Par son esthétique ensuite : toute en silhouettes noires qui se découpent sur le blanc du mur, comme un théâtre d’ombres. Par son humour enfin : noir, brutal même parfois. Il y a là du sexe, de la violence, mais aussi de la joie, des jeux d’enfants. Mais même dans les petites scènes innocentes, la technique utilisée par Walker, la caricaturalité des personnages, la proximité avec des scènes violentes dérangent. Et c’est le but. Kara Walker explore le passé sombre des États-Unis.

#2 Your body is a battleground, de Barbara Kruger

Créé en 1989, ce montage photographique est encore terriblement d’actualité, particulièrement aux US, où le droit à l’avortement est régulièrement menacé et fragilisé. C’est d’ailleurs pour une marche pour le défense de ce droit que Kruger a réalisé cette oeuvre… Féministe, Barbara Kruger a alors 44 ans et a trouvé son style, qui pioche dans son expérience de graphiste pour des magazines et ses talents de photographe. Your body is a battleground (« ton corps est un champ de bataille ») est  un bon exemple de son art, qui mêle photos et mots imprimés, comme découpés dans des magazines, imagerie tirée des médias de masse, et questionne, voire critique brutalement les clichés assénés par la société de consommation.

#3 Fountain (Buddha), de Sherrie Levine

*Je n’ai pas réussi à prendre une bonne photo de la fontaine sous son écrin protecteur, chapeau à cea+ qui a fait bien mieux que moi et à qui j’emprunte cette photo.

Je n’ai pas pu m’empêcher de rire en tombant sur ce clin d’œil de Sherrie Levine à Duchamp. En 1917, la « Fontaine » de Marcel Duchamp fait scandale : l’artiste présente comme œuvre à un Salon, un urinoir. Et lance un pavé dans la mare : qu’est-ce que l’art ? Qu’est-ce qui fait un artiste ? Presque 80 ans plus tard, Levine rend hommage à Duchamp et revisite son urinoir, l’adornant d’une patine dorée, renouvelant la question : l’art n’existe-t-il que dans l’original ? Comment ne pas y voir également une critique d’une société des apparences, du bling ? Et un positionnement féministe : Sherrie Levine, née en 1947, est connue pour réinterpréter des œuvres d’artistes hommes, soulignant la domination masculine dans le monde de l’art. Enfin, il faut dire un mot de la parenthèse dans le titre de cette œuvre : c’est une référence à l’ombre en forme de bouddha projetée par l’urinoir. Un indice pour nous conseiller de ne pas se laisser aveugler par ce qui brille et de chercher le bon angle ?

Informations pratiques

The Broad, 221 S. Grand Avenue, Los Angeles, États-Unis

www.thebroad.org

Horaires: mardi, mercredi, de 11h à 17h ; jeudi, vendredi de 11h à 20h ; samedi de 10h à 20h ; dimanche de 10h à 18h. Fermé le lundi.

Gratuit.

Attention, la file peut être longue. Idéalement, procurez-vous un pass à l’avance : https://ticketing.thebroad.org/

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