« Radical Women: Latin-American Art, 1960-1985 », une expo à voir absolument !

Connaissez-vous des femmes artistes et activistes d’Amérique latine et des Etats-Unis ? L’exposition « Radical Women: Latin American Art, 1960–1985 » propose de rencontrer 125 artistes et collectifs de quinze pays différents. Elle retrace leurs luttes, leurs préoccupations, leurs manières de voir le monde, à travers leurs performances, vidéos, peintures, photographies, sculptures, céramiques et autres médiums…

A New York au Centre Elizabeth A. Sackler pour l’art féministe, qui fait partie du Brooklyn Museum, jusqu’au 22 juillet, l’exposition sera ensuite à la Pinacoteca de São Paulo, São Paulo, du 18 août au 19 novembre 2018.

Il s’agit de la première rétrospective pour l’art radical et féministe de 1960 à 1985, « période clé dans l’histoire de l’art contemporain des Etats-Unis et de l’Amérique latine ». Ces 25 années correspondent à la fois à une période de répression, plusieurs dictateurs prennent le pouvoir, et de libération pour ces femmes avec l’émergence des mouvements de lutte pour les droits civiques, de défense des minorités (LGBT, handicapés), féministes, et pacifistes.

L’exposition est centrée sur la notion de « corps politisé » et organisée autour de plusieurs thèmes : autoportrait, places sociales, féminismes, résistance et peur, cartographier le corps, l’érotique, le pouvoir des mots, le paysage du corps et enfin montrer le corps.

Pour profiter de cette rétrospective, je vous conseille de prendre votre temps, votre souffle, et de choisir de préférence le jeudi où le musée ferme à 22h, pour s’accorder des pauses et prendre des photos, bien que certaines œuvres ne puissent être capturées.

Trois œuvres en particulier m’ont marquée :

Me gritaron negra (1978)

Dès l’entrée de l’exposition, le mot « radical » prend tout son sens, avec la performance poétique filmée suspendue de Victoria Santa Cruz, chorégraphe, activiste et compositrice péruvienne, qui déclame un poème dont les premiers mots sont: « I am negra ! Negra ! Negra !« . Cette affirmation de soi et de sa fierté d’être noire face aux discriminations raciales frappe la spectatrice de 2018 par sa force et sa beauté.

Las Tres Marias (1976)

Judith F. Baca est une artiste queer américano-mexicaine, membre influente de la communauté artistique chicanx, connue notamment pour le Great Wall of Los Angeles, un des plus grands projets d’œuvre mural dans le monde, qui relate l’histoire de la ville à travers les yeux des femmes et des minorités.

Si vous êtes comme moi, vous ne sortirez pas indemne de ces deux heures ou plus passées en compagnie de ces femmes activistes. Un miroir entre deux cholas, jeunes femmes mexicaines de classe populaire, nous interroge sur notre place, notre responsabilité, et nous invite à nous regarder en face. Suis-je suffisamment radicale ? Suis-je une partie du problème ou de la solution ? Suis-je solidaire des autres femmes ?

Madre por un dia (1987)

Plus loin, une vidéo et des photos reviennent sur une partie du projet intitulé « Madres » du collectif Polvo de Gallina Negra (littéralement : poudre de poule noire), crée par Maria Bustamante et Marina Mayer, deux artistes mexicaines. Il s’agit ici d’une émission de télévision où le présentateur est invité à devenir une femme enceinte à l’aide d’un costume spécial. L’humour est utilisé comme une arme pour déconstruire les stéréotypes liés à la maternité. L’homme enceinte demande si il peut s’asseoir, réalise le « poids » d’un enfant, on lui offre des cachets contre les envies et les nausées et il est couronné comme la reine de la maison.

En bonus

Ne manquez pas l’installation The Dinner Party de Judy Chicago, présentée comme « une des plus importantes œuvres d’art du 20e siècle » par une « icône de l’art féministe américain », qui jouxte l’exposition, ainsi que d’autres œuvres disséminées dans le musée, des collections d’art égyptien (notamment la salle « A woman’s Afterlife: Gender transformation in Ancient Egypt ») à l’art moderne (la partie « The City and the Rise of the Modern Woman ») .

Informations pratiques

Brooklyn Museum, 200 Eastern Parkway Brooklyn, New York.
Lignes 2 et 3 du métro, station Eastern Parkway/Brooklyn Museum.
Mercredi, Vendredi, Samedi, Dimanche, de 11h à 18h ; Jeudi de 11h à 22h.
16$/10$ (entrée générale du musée, incluant l’exposition Radical Women).

« Radical Women: Latin American Art, 1960–1985 » ira ensuite à la Pinacoteca de São Paulo, São Paulo, du 18 août au 19 novembre 2018.

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