On a testé pour vous l’exposition Présumées coupables aux Archives nationales à Paris

Saviez-vous que jusqu’au 17ème siècle on brûle des « sorcières » en Europe ? Que près de 20 000 femmes ont été tondues en France au lendemain de la seconde guerre mondiale ? Qu’aux 16ème et 17ème siècle la peine de mort est assez souvent prononcée contre les femmes infanticides ?

Ces quelques informations et nombre d’autres sont à découvrir aux Archives nationales de Paris qui ressortent le temps d’une exposition près de 320 procès-verbaux d’interrogatoires de sorcières, d’empoisonneuses, d’infanticides, de pétroleuses et de traîtresses.

Des anonymes pour la plupart, ces femmes ont au cours de l’histoire été jugées pour des « crimes » rendus souvent d’autant plus « atroces » qu’elles sont des femmes. Pourquoi mettre des guillemets ? Parce que cette exposition montre bien que ces femmes présumées coupables apparaissent bien souvent comme les coupables idéales, les boucs-émissaires d’une situation qui leur échappe, qu’elles aient ou non commis par ailleurs un crime ou un délit.

Il en est ainsi des sorcières qui payent pour une épidémie inexplicable :

« en l’an 1453, il y eut une grande mortalité et
épidémie en la ville de Marmande, et tellement que
plusieurs personnes y mouraient de l’épidémie ;
à laquelle occasion se meut grand murmure entre le
peuple de la dite ville, disant que la dite mortalité
venait à cause de femmes sorcières, et que en la ville,
il y en avait plusieurs qui usaient du diabolique art de
sorcellerie, et faisaient mourir le dit peuple. »

Lettre de rémission de 1457 pour l’exécution faite à Marmande de
plusieurs femmes accusées de sorcellerie (1453). Extrait cité dans le Livret de visite.

Ou des femmes infanticides dont les procès-verbaux lèvent un voile, parfois cru, parfois pudique, sur la détresse :

« Est comparue Marie, fille d’Antoine Dusuc, servante
demeurant chez le sieur Salazard, notaire royal de la
présente ville ; laquelle, après avoir pris le serment
de satisfaire aux édits et déclarations de Sa Majesté
concernant les filles enceintes, nous a dit et déclaré être
enceinte des faits et œuvres d’un dragon d’un régiment
dont elle ne se souvient du nom, qui passait à Bourg
le 28 septembre de l’année 1731.
Interrogée combien de fois il l’avait connue.
Répond et dit que c’était un jeune homme et qu’il la
baisa deux fois dans une heure
Interrogée si elle y eut beaucoup de plaisir.
Répond et dit qu’elle ne s’en ressouvient pas.
[Folio suivant]
Elle le mordit pendant qu’il la baisait parce qu’elle
ne voulait pas.
Elle a dit qu’elle était pucelle lorsqu’elle fut exploitée
par le dit dragon. »

Déclaration de grossesse de Marie Dusuc, Bourg-en-Bresse, du 15
mai 1732. Extrait cité dans le Livret de visite

Une exposition à découvrir jusqu’au 27 mars 2017 aux Archives nationales.
Hôtel de Soubise, 60, rue des Francs Bourgeois, 75003 Paris. Métro Rambuteau ou Arts et Métiers
Ouvert du lundi au vendredi de 10h00 à 17h30 et le samedi et le dimanche de 14h00-17h30.
Plus d’informations sur l’exposition.

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