Notre top 3 des Béguinages de Flandre en Belgique

Étonnantes communautés de femmes qui nous ont laissé un matrimoine architectural et culturel de toute beauté, encore trop peu connu, les béguinages sont un incontournable si vous êtes en voyage en Belgique.

Les béguinages, une particularité locale

Béguinages de Bruges

Les béguines étaient des femmes pieuses, non mariées ou veuves, qui ont commencé à se rassembler et s’organiser entre elles au Moyen-Age central pour mener une vie contemplative sans pour autant se retirer définitivement du monde. Au départ éparpillées à travers la ville, elles ont rapidement entrepris de faire construire des béguinages (begijnhof en néerlandais), à la fois lieux de vie, de prière mais aussi d’activité économique, ce qui leur garantissait une autonomie d’autant plus précieuse qu’elle était rare pour les femmes de cette époque. Sorte de petite ville dans la ville, les béguinages sont une particularité toute flamande. Si nombre d’entre eux ont disparu, il reste encore de très beaux exemples de cette organisation originale, permettant aux femmes seules d’être séparées du monde sans en être totalement coupées, et en s’émancipant de toute forme de tutelle masculine.

Mais en quoi se distinguaient-ils des couvents traditionnels où se retiraient les religieuses? Aujourd’hui je vous emmène découvrir ces étonnantes communautés de femmes qui nous ont laissé un matrimoine architectural et culturel de toute beauté, encore trop peu connu.

Des communautés de femmes structurées

Les béguinages sont structurés comme de véritables villages, autour d’une église réservée aux béguines, qui disposaient donc de leur propre curé et paroisse. Autour, on y trouvait des habitations, une infirmerie, une ou plusieurs chapelles, ainsi que des cours ou jardins potagers. Celui de Bruxelles comprenait même une blanchisserie et un moulin, celui de Leuven une ferme avec de nombreux hectares de culture. Surtout, le béguinage était délimité par un mur d’enceinte qui l’isolait physiquement du reste de la ville et permettait ainsi d’en contrôler l’accès. Les béguines pouvaient aller et venir hors du béguinage, mais seuls les fournisseurs et religieux masculins étaient admis, et seulement en journée.

« Prière aux membres de la gent masculine de ne plus se présenter après 18 h ».

Une indépendance inédite pour les femmes au Moyen-Age

Contrairement aux sœurs d’autres ordres religieux, les béguines ne se retiraient pas définitivement du monde, et pouvaient donc quitter le béguinage si elles le souhaitaient, par exemple pour se marier. En outre, ne faisant pas vœu de pauvreté, elles étaient libres de gagner leur vie et bénéficiaient d’une certaine indépendance financière inédite pour les femmes à l’époque. Une des conditions pour être admises était notamment de pouvoir subvenir à ses besoins. Les béguines étaient souvent des femmes aisées, mais accueillaient aussi des femmes d’origine plus modeste, pourvu qu’elles puissent travailler. Dans tous les cas l’oisiveté était proscrite, même chez les plus nanties. Outre la gestion du potager et les soins prodigués aux plus âgées ou malades d’entre elles à l’infirmerie, les béguines se spécialisaient dans la production de tissages ou de dentelles, notamment à Malines ou à Bruges. Même si les béguinages étaient sous l’autorité des évêques de Flandre (qui les ont d’abord suspecté d’hérésie avant de les approuver, puis de contribuer à leur développement), ceux-ci n’en demeuraient pas moins un espace autogéré par et pour les femmes, chose assez inédite dans l’Europe du Moyen-Age.

Les béguinages étaient en outre exemptés d’impôts, et pouvaient bénéficier de legs et de dons ; certains ont ainsi pu s’accroitre considérablement.

Prospérité et déclin

Les origines exactes de ce mouvement sont incertaines, mais la création des premières communautés de béguines remonte au 13ème siècle, avec en particulier celle de Courtrai fondée par la Comtesse Jeanne de Constantinople en 1242. Les béguinages essaimèrent rapidement à travers Flandres ; à une certaine époque on en dénombrait près de 100! Un temps menacés par les guerres de religion, les béguinages connurent un regain d’intérêt lors de la Contre-réforme, avant de péricliter progressivement. La plupart des bâtiments que l’on peut admirer de nos jours datent des 17ème et 18ème siècles. Depuis 1998, 13 béguinages flamands ont été classés au Patrimoine Mondial de l’Unesco.

A visiter

Seuls 27 béguinages existent encore en Flandre de nos jours. Les bâtiments préservés sont désormais utilisés pour divers usages mais il est toujours possible de les découvrir, au moins de l’extérieur. Voici mon top 3 des béguinages de Belgique les plus intéressants à visiter, lieux de mémoire de l’histoire des femmes :

#1 le béguinage de Diest

Le Béguinage de Diest

 

Le mieux préservé et plus grand des béguinages existants. Fondé en 1253, le béguinage de Diest est dédié à Sainte Catherine d’Alexandrie, sainte patronne des béguines. Situé en périphérie de la ville, le long d’une rivière, il présente un bel ensemble de maisons datant pour la plupart des 17ème et 18ème siècles. Certains bâtiments ont été reconvertis en ateliers d’artistes, et on peut se restaurer dans la taverne du 17ème siècle. Comme dans de nombreux autres béguinages, on peut admirer les statues religieuses qui garnissent la façade des maisons et servaient à identifier les rues, qui ne portaient pas de nom.

#2 le béguinage de Louvain (Leuven)

Le béguinage de Louvain

Le béguinage de Leuven est un oasis de calme et de tranquillité en plein cœur d’une ville étudiante dynamique. La communauté du Grand béguinage de Leuven est parmi les plus anciennes : elle aurait été fondée en 1232. A son apogée au 18ème siècle, plus de 300 femmes y habitaient. La dernière béguine est décédée en 1988.

En 1962, l’ensemble du site (à l’exception de l’église) a été vendu à l’université de Leuven qui l’a magnifiquement restauré. Je vous recommande de flâner à travers ces jardins bordés de maisonnettes en briques rouges pleines de charme, désormais résidences pour étudiants et professeurs.

#3 le musée du béguinage à Turnhout

Le musée du béguinage à Turnhout

Situé dans l’ancien béguinage de Turnhout, site classé de l’Unesco, ce musée vous permettra de découvrir l’histoire de ce béguinage ainsi que la vie quotidienne des béguines. Des visites guidées d’1h30 sont organisées comprenant le musée, l’église Saint-Catherine et une promenade à travers le béguinage et son jardin botanique. Petit mais ravissant, il a la particularité d’abriter une grotte dédiée à Notre-Dame de Lourdes, qui est toujours un lieu de dévotion populaire.

C’est aussi un des derniers béguinages en activité: la dernière béguine y est décédée en 2002!

Informations pratiques

Béguinage de Diest : Begijnenstraat, 3290 Diest, Belgique. Accès tous les jours, entrée gratuite

Béguinage de Louvain : Groot Begijnhof, 3000 Leuven, Belgique. Accès tous les jours, entrée gratuite

Musée du béguinage à Turnhout (Begijnhofmuseum) : Begijnhof 56, 2300 Turnhout, Belgique.

Ouvert du mardi au samedi de 14h à 17h et le dimanche de 11h à 17h. Informations sur https://begijnhofmuseum.turnhout.be/

Quelque que soit le béguinage de votre choix, gardez à l’esprit que les ruelles sont pavées et souvent un peu irrégulières, c’est pourquoi nous vous recommandons  d’éviter les chaussures à talons lors de votre visite!

 

N’hésitez pas à laisser un commentaire pour nous dire quels béguinages vous avez visité et celui que vous avez préféré!

 

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