Harriet : LE film de 2020

LE film à noter dans vos agendas n’est pas le prochain Star Wars, mais Harriet, qui sortira en France le 29 avril 2020. Je ne comprends pas qu’il ait fallu autant de temps pour que ce film voit le jour. Il faut dire qu’Harriet Tubman, la femme dont il retrace la vie, est une de mes héroïnes personnelles.

Son nom vous est peut-être familier. Ou pas : Harriet Tubman est loin d’avoir la gloire qu’elle mérite. Il est difficile de la présenter en quelques lignes tant il s’agit d’une femme d’exception.

Harriet Tubman est née Araminta Ross, probablement en 1825, dans une plantation du Maryland. À l’âge de 10 ans environ, elle s’oppose à un propriétaire d’esclave qui lui lance un objet en métal à la tête. Grièvement blessée, elle survit mais garde des séquelles et souffre de narcolepsie et de maux de tête toute sa vie. C’est le premier acte de bravoure d’une vie héroïque.

La « Moïse de son peuple »

En 1849, elle s’enfuit pour gagner le Canada. « Il y avait deux choses auxquelles j’avais droit, la liberté ou la mort. Si je ne pouvais avoir la première, j’aurais la seconde. » Libre, elle se choisit pour nom Harriet comme sa mère et garde le nom de son époux, Tubman. En 1850, elle apprend qu’une de ses nièces risque d’être vendue et déportée dans le Sud, où l’espérance de vie des esclaves est particulièrement courte. Tubman décide alors, en dépit des risques immenses, de retourner dans le Maryland pour la sauver.

C’est le début de sa carrière de « conductrice » dans le Underground Railroad, un réseau clandestin de routes et de lieux sûrs tenus par des abolitionnistes, qui se met en place dans les années 1830-40 pour aider les esclaves à s’enfuir. Pendant près de 10 ans, elle revient régulièrement dans le Sud et libère plus de 300 esclaves, dont plusieurs membres de sa famille. Elle est l’une des rares femmes du Underground Railroad, qui plus est, noire et ancienne esclave. C’est une activité incroyablement risquée pour elle. Son courage devient légendaire et force l’admiration des membres du réseau et des cercles abolitionnistes.

La première femme à (co-)diriger un raid militaire

Lorsque la Guerre Civile éclate en 1861, Harriet Tubman s’engage aux côtés de l’armée. Infirmière, elle joue un rôle crucial auprès des troupes et réfugiés noir·e·s. Ses connaissances en médecine traditionnelle et sa réputation lui valent l’admiration des troupes. En 1863, ses compétences et sa connaissance du terrain lui permettent d’entrer encore plus dans l’action. Elle devient espionne et éclaireuse pour l’armée.

Son premier fait d’armes est un véritable coup d’éclat. En juin 1863, elle guide des troupes sur la Combahee river. Le raid libère plus de 750 esclaves et détruit les plantations de familles éminentes de la Caroline du Sud, leur portant un coup financier immense. Elle est la première femme de l’Histoire américaine à diriger (en partie) une opération militaire. Une victoire d’autant plus symbolique que la Caroline du Sud est le premier État à avoir fait sécession.

Une vie guidée par des idéaux de justice et de générosité

À la fin de la guerre, Harriet milite pour les droits des femmes et continue de collecter des fonds pour la population africaine-américaine dans le besoin. En 1896, elle fait partie des membres fondatrices de la National Association for Colored Women, qui se bat pour les droits des femmes noires et notamment le droit de vote.

En 1859, elle s’installe dans le nord de l’Etat de New York, dans le village d’Auburn. Elle accueille chez elle toute personne ayant besoin d’aide. Sa générosité est telle, qu’elle-même se retrouve souvent dans le besoin.  Ses nombreux ami·e·s et admirateurs abolitionnistes lui viennent en aide : en 1869, une biographie rédigée par Sarah Bradford est publiée pour financer ses activités. Des personnes hautes placées l’aident plus tard à obtenir une pension militaire, qu’elle n’obtient qu’en 1899 !

En 1896, avec l’aide de son église, elle achète la propriété voisine de la sienne, où elle rêve d’ouvrir une maison de retraite pour les personnes de couleurs, ce qu’elle fait en 1903. Elle y passe elle-même les deux dernières années de sa vie. Avant de mourir en 1913, à près de 90 ans, fidèle à l’altruisme qui a guidé ses pas toute sa vie, elle dit à ses ami·e·s : « Je pars préparer un endroit pour vous ».

Sur les pas d’Harriet Tubman

Vous comprenez mieux maintenant pourquoi je trouve incroyable qu’il ait fallu attendre 2019 (le film est sorti en novembre aux Etats-Unis) pour qu’un film lui soit consacré. Barack Obama avait annoncé en 2016 qu’elle serait le nouveau visage des billets de 20 dollars, mais depuis l’administration Trump a botté en touche sur ce sujet. A vrai dire, je ne comprends pas qu’elle n’ait pas une statue dans chaque ville américaine, mais ça c’est un autre débat…

Si vous avez la chance d’aller aux Etats-Unis prochainement, voici quelques lieux à aller visiter pour mieux connaitre cette femme extraordinaire :

 

Pour aller plus loin

Cet article est un extrait de notre prochain guide de voyage, consacré aux Etats-Unis.

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