Femmes francofortes : des portraits d’expatriées à Montréal

J’ai rencontré Anne après avoir entendu parler de son exposition « Femmes Francofortes » au Art Lounge MTL. Anne est une jeune femme expatriée à Montréal, comme moi et comme les femmes qu’elle a interviewées. Elle est designer graphique/directrice artistique et a pris sur son temps personnel pour aller à la rencontre de 12 femmes expatriées à Montréal, qui lui ont confié leurs histoires. Les portraits sont à retrouver sur le site internet : https://femmesfrancofortes.com

Peux-tu te présenter et présenter ton parcours, de la Normandie à Montréal ?

J’ai passé toute mon enfance, mon adolescence et une partie de mes études en Normandie et l’autre partie à Paris, où j’ai fait des études de graphisme puis un master en direction artistique.
Pendant ces années je n’ai pas eu l’occasion de partir vivre à l’étranger et c’est quelque chose que je voulais faire depuis bien longtemps. Alors une fois mon diplôme de directrice artistique en poche j’ai fait mes valises et je me suis envolée pour Montréal.
Je n’ai pas choisi cette ville par hasard. J’étais allée passer des vacances chez mon frère qui y était pour un stage en 2014 et je suis « tombée en amour » comme disent les Québécois. Je ne m’attendais à rien et j’ai été agréablement surprise par la gentillesse des gens, leur liberté, le féminisme, la nature entremêlée à la ville, les festivals, l’art et bien d’autres choses.

Comment as-tu eu l’idée de ce site internet et de cette exposition ? Quel était l’objectif ?

Dès les premiers jours au Québec, j’ai rencontré beaucoup d’expatrié·es qui me racontaient leurs histoires. C’était tellement intéressant que je me suis dit qu’il fallait que j’en fasse quelque chose. Je me suis concentrée sur 12 femmes qui avaient tout quitté pour se trouver à l’autre bout de l’Atlantique afin d’apprendre de leurs expériences mais également pour les mettre en valeur et montrer qu’il n’y a aucune limite à ce que peuvent réaliser les femmes.
Après plus d’un an de rencontre, d’interviews, de retranscription et de relecture, j’ai décidé de partager ce projet artistique et social sous forme d’un site internet avec une carte interactive. Cette carte correspond au métro de Montréal, elle se dessine comme un parcours initiatique dans la ville et chaque station correspond à une femme et son histoire.
Pour lancer ce projet qui s’appelle Femmes FrancoFortes, j’ai organisé avec l’aide de bénévoles et de donateurs une soirée évènement au Art Lounge Mtl où j’ai exposé les 24 portraits que j’avais faits des femmes (une photo avant qu’elles me racontent leurs histoires et une après).
J’ai tellement appris grâce à ce projet. Il m’a apporté bien plus que ce que j’avais imaginé. Ce que j’aime le plus c’est que les parcours des femmes ne sont pas de simples histoires mais bel et bien des vrais bilans avec des leçons inspirantes et touchantes, sans prétention.

Quelle est ta relation avec la ville de Montréal ? Comment te sens-tu en tant que femme ici ?

Il faut savoir que j’ai déménagé à Montréal sans vraiment savoir si je rentrerais dans 4 mois, 10 ans ou jamais avec juste une envie folle de liberté, d’émancipation et de découverte. Aujourd’hui, ça fait déjà 1 an et demi que j’habite au Québec et j’ai lancé les démarches pour être résidente permanente.
Dans cette ville, je me sens chez moi, en sécurité, je m’y épanouie. J’aime l’atmosphère, l’ouverture d’esprit, l’environnement, l’été et même l’hiver (enfin cela changera peut-être !).
Je trouve aussi qu’il y a plus d’égalité et de respect entre les individus qu’en France, notamment les hommes vis-à-vis des femmes. Je me rends compte à quel point certaines conventions sociales pro-masculines sont toujours ancrées dans les moeurs françaises quand je compare avec Montréal. Ici, j’ai appris à être fière d’être une femme et je suis reconnaissante d’avoir pu partir pour me trouver.

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