Une exposition qui vous emmène à travers le temps et l’histoire sur les traces d’Ana Mendieta

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Il y a quelques semaines, je suis allée au Jeu de Paume voir l’exposition consacrée à une de mes photographes préférées, Dorothea Lange. Je m’apprêtais à partir, quand j’ai vu le nom d’Ana Mendieta au premier étage… Deux expositions sur trois consacrées à des artistes femmes ?! Je ne pouvais pas rater cette occasion de découvrir Mendieta, que je ne connaissais pas…

Et quelle jolie découverte !

A travers trois salles et vingt courts films, c’est une plongée dans une partie de l’univers de Mendieta (1948 – 1985) : entre histoire et identité, de l’eau au feu, cette artiste originale entremêle dans des œuvres personnelles et puissantes différents thèmes.

Le temps et l’histoire

L’exposition s’ouvre sur une des toutes premières œuvres photographiques de Mendieta, Imagen de Yagul (« Image de Yagul »), et cette citation : “En 1973 j’ai réalisé ma première œuvre dans une tombe aztèque qui était recouverte de mauvaises herbes et de végétaux – la croissance de cette végétation m’a fait penser au temps. J’ai acheté des fleurs au marché, je me suis allongée dans la tombe et me suis recouverte de fleurs blanches. Par analogie, le temps et l’histoire me recouvraient.

Ce regard particulier sur le temps, l’Histoire, l’empreinte et la transmission se retrouvent dans d’autres des œuvres proposées ici. Mendieta, née à Cuba, envoyée en famille d’accueil aux États-Unis à 12 ans, semble avoir à la fois adopté ces deux cultures tout en étant tiraillée par cette dualité. Dans Ochùn, la dernière œuvre filmique qu’elle réalise, en 1981, une silhouette en terre, orientée vers Cuba, est traversée de vaguelettes. Cette œuvre s’inscrit dans sa série des Siluetas (« silhouettes »), qu’elle commence dès 1973.

Le corps et les éléments

Artiste féministe (à l’université, elle réalise une performance artistique où elle se met elle-même en scène, suite au viol et au meurtre d’une étudiante), Mendieta interroge le rapport au corps, du corps à la nature, aux éléments. Dans plusieurs des films présentés, elle utilise le feu pour souligner (parfois de façon dérangeante) certaines de ses Siluetas. D’autres sont mises en scène dans de l’eau.

À travers ces éléments et en nous les montrant en mouvement, Mendieta nous “montre” le temps et vient questionner notre rapport au monde.

Infos pratiques :

Ana Mendieta : Le temps et l’Histoire me recouvrent, jusqu’au 27 janvier 2019.
Jeu de Paume, dans le jardin des Tuileries, Paris VIII
Métro Concorde (Lignes 1, 8, 12)
Mardi de 11h à 21h ; mercredi à dimanche de 11h à 19h. Fermé le 25 décembre et le 1er janvier.
10€ (tarif réduit : 7,5€), valable pour l’ensemble des expositions.

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