On a testé pour vous … un weekend féministe à Madrid

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En route pour Madrid, la ville qui a vu des centaines de milliers de femmes démarrer une grève le 8 mars dernier ! Depuis les dernières élections municipales en 2015, la ville est gouvernée par une femme, Manuela Carmena. Si vous prévoyez un week-end à Madrid, suivez La Guide et partez en quête des artistes femmes et sur les pas des Madrilènes célèbres pour quelques jours.

# Jour 1

Pour cette première journée, que dites-vous d’aller au-devant de l’histoire royale de l’Espagne, version féminine ?

Pour cela, procurez-vous le livret de visite en anglais Women and power ou en espagnol Las mujeres y el poder et lancez-vous au musée du Prado à la découverte des femmes de pouvoir et d’influence dans l’histoire de la monarchie espagnole. C’est lors de cette visite que vous pourrez voir (salle 55) les tableaux de l’une des deux seules artistes femmes exposées au Prado. Il s’agit de la grande peintre italienne Sofonisba Anguissola, qui était portraitiste à la cour d’Espagne, mais aussi dame d’honneur et professeure de dessin de la reine Isabelle de Valois. Et la deuxième, qui est-elle ? Il s’agit de la Flamande Clara Peeters, dont deux des natures mortes sont exposées en salle 16B.

Sofonisba Anguissola, Isabelle de Valois tenant un portrait de Philippe II (1565)

Une soirée à la librairie Mujeres

Pour votre première soirée touristico-féministe, allez jeter un œil à la programmation de la formidable librairie Mujeres, située en plein centre entre Puerta del Sol et la Plaza Major.  La librairie organise plusieurs fois par semaine des rencontres avec des écrivaines. C’est le lieu pour vous procurer quelques livres qui accompagneront votre dégustation de tapas sur une terrasse de la Plaza Major. Vous pouvez aussi y acheter toutes sortes de souvenirs tels qu’une housse de coussin agrémentée d’une citation d’Angela Davis ou un magnet figurant Frida Kahlo.

 # Jour 2

Consacrez une bonne partie de la journée au musée Reina Sofia. C’est LE grand musée d’art moderne et contemporain de Madrid, où les foules se pressent pour admirer le Guernica de Picasso. Mais le musée a beaucoup plus à offrir et l’on peut facilement y rester quatre heures.

Un chouette parcours féministe a été réalisé par le musée en partenariat avec l’Institut de recherches féministes de l’Université de Complutense de Madrid. Il vous permettra de visiter la partie dédiée aux avant-gardes (salles 201 à 210) avec un regard féministe. Ce parcours est effectué sous forme de visite commentée tous les mercredis à 19h15, mais si comme moi vous êtes à Madrid un weeke-end, vous pouvez télécharger le contenu en ligne (uniquement en espagnol) et effectuer la visite vous-même.

Ceci dit, ce parcours féministe ne vous dira pas où sont les artistes femmes exposées dans le musée. Comme moins de 10% des œuvres exposées ont été réalisées par des femmes, nous avons voulu les repérer pour vous. Pour les trouver, suivez la guide :

Tout d’abord, ne manquez pas en salle 202 la vidéo de Germaine Dulac, La coquille et le clergyman (1928) et plusieurs photographies de Dora Maar, Enfant au béret (1932), Mendiant aveugle (1934) et Sans titre (1932-35).

Germaine Dulac, La coquille et le clergyman (1928)

Autour de Guernica

Une foule de tous pays se presse en salle 206 dans le petit espace dédié au Guernica, cette immense toile de Picasso devenue symbole de la guerre civile espagnole. Dans la salle qui la jouxte sont exposés plusieurs tableaux de la peintre espagnole Maruja Mallo : Canto de las espigas (1929) et Tierra y excrementos (1932). Et bien sûr, face à Guernica, ne manquez pas la série de photographies réalisées par la peintre et photographe Dora Maar, qui était aussi la compagne de Pablo Picasso : Reportage sur l’évolution de Guernica (1937).

L’art dans un monde divisé

Rendez-vous ensuite en salle 405 pour découvrir l’artiste Nanda Papiri avec ses deux tableaux Sin Titulo (1950). En salle 411, explorez l’univers de Louise Bourgeois. En salle 418, découvrez les œuvres de l’artiste vénézuélienne GEGO (Gertrud Goldsmith), Weaving 90/41, Weaving 89/21 et Tronco n°4. Dans la même salle sont installées les œuvres de la peintre brésilienne Mira Schendel, Sin titulo (1964) et Sin titulo de la série Droguinhas (Pequena cosas) (1965).

En salle 424, ne manquez pas le Tyrannosaurus Rex. Tir series (1963) de l’artiste franco-américaine Niki de Saint Phalle, et dans la salle suivante les quatre photographies de la série Gitanos de la photographe espagnole COLITA (Isabel Steva Hernandez)

En salle 426, allez voir A flower girl at a wedding (1964) et Girl in a shiny dress (1967) de la photographe américaine Diane Arbus.

Kiki de Saint Phalle, Tyrannosaurus Rex. Tir series (1963)

De la révolte à la post-modernité

Dans la dernière partie de la collection permanente, découvrez la salle 02 dédiée presque entièrement au travail de l’artiste américaine Nancy Spero, avec notamment deux de ses importantes œuvres : Search and destroy (1977) et Codex Artaud (1971-72). À côté en salle 04 se trouvent les vidéos de Yvonne Rainer, Trio A (1978), Trisha Brown, Primary accumulation (1974) et Simone Forti, Solo no. 1 (1974)

Nancy Spero, Search and destroy (1977)

Et last but not least, voici deux salles entières dédiées à l’art féministe !
En salle 07 sont ainsi exposées les œuvres de Martha Rosler, Know your servant Séries #1 (1976) ; de Hackney Flashers collective, Who’s holding the baby? (1978), Eulalia Grau, Discriminacio de la dona (1977) ainsi que la vidéo d’Eugenia Balcells, Boy meets girl (1978). Et dans la Salle adjacente (08), vous pourrez visionner la Vidéo de Vallie Export, Syntagma (1983).

Eulalia Grau, Discriminacio de la dona (1977)

# Jour 3

Pour cette dernière journée, nous vous proposons d’aller visiter le musée Thyssen-Bornemisza. Ce musée privé est moins visité que le Prado voisin, et pourtant il mérite amplement au moins deux heures de votre temps.

Assez récent (il a été inauguré en 1992), le musée renferme une impressionnante collection de tableaux allant du 13ème au 20ème siècle. Si aucune artiste femme ne figure parmi les œuvres incontournables mises en avant dans le dépliant du musée, au milieu des Dürer, Caravage, Degas, Hopper, Kandisky ou encore van Gogh et Dali, vous découvrirez aussi d’importantes pièces réalisées par Gabriele Münter et Georgia  O’Keefe.

Pour une visite thématique, demandez un audioguide « Amor diverso ».

Cette chouette initiative vous permettra de découvrir la collection permanente autrement, au gré d’une douzaine d’œuvres commentées suivant le thème de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre. La grande majorité des artistes exposés dans le musée étant des hommes, c’est un regard masculin – même exclusivement masculin dans cette visite thématique – que vous aurez. L’on découvre ainsi sous le pinceau d’Édouard Manet la figure de l’Amazone – femme qui monte à cheval en pantalon, mais aussi terme utilisé pour évoquer les femmes « qui peuvent vivre sans homme » – ou encore un hommage par Charles Demuth à l’écrivaine et collectionneuse d’art Gertrude Stein, qui vivait au grand jour sa relation avec sa compagne Alice Toklas. L’on y découvre également plusieurs tableaux par lesquels des artistes hommes ont exprimé leur homosexualité, de manière plus ou moins masquée, de la figure de Saint Sébastien jusqu’aux plus récentes toiles de David Hockney ou Francis Bacon. L’homosexualité ayant été réprimée dans la majeure part de notre histoire, exprimer ou représenter une orientation sexuelle sur une toile est un geste de courage important et un tel audioguide permet d’en prendre conscience. L’art n’est pas qu’esthétique et n’est pas neutre au genre, il exprime des identités de genre comme des opinions politiques. À nous de savoir lire les œuvres.

Et les femmes ?

On a demandé si un audioguide avait été réalisé pour mettre en avant les artistes femmes exposées dans le musée, alors comme ce n’est pas le cas, voici un parcours de visite complémentaire.
Démarrez au 1er étage pour découvrir trois tableaux peints par la peintre allemande Gabriele Münter : son Autoportrait en salle 35, puis en salle N School house, Murnau et View from her brother’s house in Bonn. Dans la salle K se trouve l’œuvre Bergère nue couchée de la peintre française Berthe Morisot.
Continuez votre visite au rez-de-chaussée, avec le tableau Robes simultanées (1925) de Sonia Delaunay en salle 42, puis découvrez plusieurs artistes cubistes en salle 43, avec La Forêt (1913) de Natalia Goncharova, Man on the street (analyses of volumes) (1913) de Olga Rozanova, Cubisme (1914) de Nadesha Udaltsova et Painterly architectonic (1918) de Liubov Popova.
Enfin, terminez votre visite par trois œuvres de l’artiste américaine Georgia O’Keefe en salle 45 : New York street with moon (1925), Shell and old shingle V (1926) et White iris n°7 (1957).

Une fin de journée au parc

Terminez votre journée au Parque Del Retiro, ce superbe parc situé à deux pas du musée. Si vous avez le courage, profitez-en pour aller voir la superbe exposition (jusqu’au 2 septembre 2018) sur l’artiste colombienne Beatriz Gonzalez, située dans le non moins superbe Palacio de Velazquez, au cœur du parc.

Informations pratiques

Musée du Prado : Paseo del Prado
Ouvert du lundi au samedi de 10h à 20h et le dimanche de 10h à 19h

Libreria Mujeres : Calle san Cristobal 17
Ouvert du mundi au samedi de 10h à 14h et de 17h à 20h30. Informations et programmation sur leur page Facebook ou leur site Internet.

Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofia : Santa Isabel 52
Ouvert du lundi au samedi de 10h à 21h et le dimanche de 10h à 14h15

Palacio de Velazquez : dans le Parque del Retiro
Ouvert tous les jours de 10h à 22h d’avril à septembre et de 10h à 18h de novembre à mars

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