Nimlekee Sherpa Lama, déterminée à sauver son peuple

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Pour les Occidentaux, le mot “sherpa” évoque généralement un porteur ou un guide de montagne. En réalité, le peuple sherpa est une ethnie du Népal, originaire du Tibet, dont la culture est menacée. Nimlekee est une journaliste népalaise, issue de l’ethnie sherpa. Elle consacre sa vie à la reconnaissance de sa communauté.

Tu présides une association sherpa, quel est son rôle ?

C’est une association, qui existe depuis 10 ans, et qui a pour but la promotion du peuple sherpa dans les médias. Il faut savoir qu’il n’y a encore pas si longtemps, exercer le métier de journaliste était interdit au Népal. Le principe de la liberté de la presse est apparu il y a environ 15 ans.

Aujourd’hui, nous avons une plate-forme web et nous essayons de relayer toutes les infos sur le monde sherpa. Nous avons également un programme de formation à destination les jeunes sherpas pour les encourager à travailler dans les médias. Notre motto c’est promouvoir notre culture et lutter pour nos droits.

Nous n’avons pas de programme spécifique pour les femmes car chez nous les Sherpas, nous ne faisons aucune différence entre hommes et femmes. La discrimination n’existe pas. Et dans les faits, la femme a plutôt une place naturelle de leader.

Tu es la première femme journaliste sherpa exerçant dans un média national. Qu’est ce que cela représente pour toi, en tant que femme et en tant que sherpa ?

Le métier de journaliste n’a pas une bonne image au Népal. Mon père avait un destin tout tracé pour moi mais j’ai décidé de suivre ma propre voie. Même si cela commence à changer, les gens ont toujours des idées reçues et pensent que ce n’est pas un métier pour une femme, à cause des horaires non-conventionnels et parce que c’est un milieu “trop masculin”.

En tant que journaliste, ce n’est pas en tant que femme que j’ai subi des discriminations mais parce que je suis issue de l’ethnie sherpa.

Au Népal, les personnes issues des différentes ethnies minoritaires, dont la langue maternelle n’est pas le Nepali, sont très peu présentes dans les médias. Pour travailler comme journaliste à la télé ou à la radio, il faut parler Nepali sans aucun accent. Très peu de gens parlent comme ça au Népal.

J’ai travaillé dur pour prononcer ce Nepali neutre et je trace un chemin pour celles et ceux de ma communauté qui suivront, en espérant que les médias s’ouvrent aux personnes issues des ethnies. Mais c’est difficile de faire changer les choses.

Pour moi être la première femme sherpa sur un média national c’est aussi une chance de pouvoir faire reconnaître notre peuple. C’est quand même grâce aux sherpas guides et porteurs que le Népal est connu dans le monde entier. Sherpa c’est presque une marque. Mais dans les faits, le gouvernement ne nous a jamais reconnu.

Mon objectif, mon rêve, serait un jour d’accéder au poste de présentatrice du 20h sur une chaîne de télévision nationale. Qu’une femme sherpa accède à ce poste serait un accomplissement pour mon peuple, une voie vers la reconnaissance. Et si ce n’est pas moi, quelqu’un d’autre devra le faire.

Tu as récemment obtenu ton diplôme de guide de montagne. Peux-tu nous en dire plus ?

C’est une formation pratique et théorique, destinée uniquement aux femmes, qui a été créée il y 5 ans par des spécialistes népalais.e.s de la montagne, pour répondre à une demande croissante de la part de touristes d’avoir des femmes guides.

Cette formation, destinée uniquement à des femmes donc, a vraiment créé une émulation entre participantes et nous a beaucoup encouragé à agir, en tant que femmes. On s’est dit, nous aussi, on est capable d’arriver au sommet de l’Everest ! Pendant la formation, il y a même une des filles, cycliste militante, qui a pris la décision de gravir l’Everest avec son vélo sur le dos. Son but est d’interpeller le gouvernement pour qu’il prenne des mesures en faveur du vélo. Elle a déjà commencé à faire une récolte de fonds pour son projet.

Comme les gens de ma génération, j’ai été très influencée par l’histoire de Pasang Lhamu Sherpa, la première femme népalaise à gravir l’Everest en 1993 et qui est morte durant la descente.

Si j’ai voulu faire cette formation, c’est qu’en tant que sherpa, c’est important pour moi d’en savoir plus sur les conditions du métier de guide. Et en tant que journaliste, je voulais acquérir plus de connaissances pour mieux pouvoir en parler dans les médias. Assouvir ma soif de connaissances, c’est une de mes quêtes !

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