Le rôle historique d’une « reine » noire honoré à Copenhague

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Avez-vous déjà entendu parler de la Queen Mary danoise ? Nous l’avons nous aussi découverte grâce à la statue qui lui est désormais dédiée à Copenhague.

Queen Mary, Mary Thomas de son vrai nom, a été l’une des actrices principales d’une rébellion contre le colonialisme danois dans les Îles vierges (Caraïbes), en 1748. Avec deux autres femmes, surnommées Queen Agnès et Queen Mathilda, elle mène une révolte contre le traitement que subissent de nombreux ouvriers et ouvrières de plantations, encore traité·es comme des esclaves, 30 ans après l’abolition officielle de l’esclavage. Après une manifestation dans la ville de Fredriksted de l’Île de Sainte-Croix, la révolte s’enflamme – littéralement : une cinquantaine de plantations et la moitié de la ville sont incendiées. Malgré ce soulèvement, les conditions dans les plantations s’améliorent peu. Les choses changeront un peu lorsque la colonie est vendue par le Danemark aux États-Unis, le 31 mars 1917, jour connu sous le nom de « Transfer Day ».

Les trois « reines » ont été arrêtées et envoyées dans la prison des femmes de Christianhavn à Copenhague.

En mars 2017, à l’occasion du 100ème anniversaire du Transfer Day, une statue de Queen Mary a été inaugurée à Copenhague. C’est le premier monument public honorant une femme de couleur dans la ville. Cette statue est un « femmage » qui sort du silence une page peu glorieuse de l’Histoire du Danemark qui mérite d’être mise en lumière. Alors que les femmes ont rarement droit à des statues monumentales, cette œuvre relève de l’audace, que l’on doit à deux artistes femmes : Jeannette Ehlers et La Vaugn Belle. Toutes deux de descendance Afro-Caribéenne, elles ont été particulièrement touchées par l’histoire de cette femme révolutionnaire. Elles ont d’ailleurs créé cette statue à partir de leurs propres corps et visages, grâce à la technologie 3D scan. Elles y voient un « pont entre le [Danemark] et [les Îles Vierges] ».

Photographie de La Vaugn Belle et Jeannette Ehlers créatrices de I’am Queen Mary

Par sa posture triomphante sur son siège, qui rappelle celui des grands chefs de tribus africaines, les artistes ont voulu mettre en valeur une puissance féminine droite et fière, qui nous domine de sa hauteur et nous questionne par son intensité.

Sortie des oubliettes de l’Histoire, « I am Queen Mary » devient un portrait universel des toutes les femmes afro-descendant·es, « le portrait hybride de nos corps, de nos nations, de nos récits », déclare Belle.

Si vous êtes de passage à Copenhague, ne manquez pas d’aller admirer la majesté de cette statue. Elle se trouve sur une place stratégique de la ville, en face d’un ancien entrepôt de sucre et de rhum des Caraïbes, « The West Indian Warehouse », aujourd’hui lieu d’exposition, par ailleurs non loin de la prison où Queen Mary a purgé sa peine.

Informations pratiques

Statue de Queen Mary

Vestindisk Pakhus

Copenhague, Danemark

 

Credit Photo: ©-I-DO-ART-Agency

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