Au Québec, le musée de la femme de Longueuil

Montréal n’a pas de musée des femmes, je me suis donc rendue à Longueuil, dans la banlieue sud de Montréal. Ne vous fiez pas à son apparence de petit bungalow classique, visiter ce musée est une expérience qui n’a rien de banale.

Je vous conseille d’appeler avant la visite. Vous aurez alors peut-être la chance d’être reçu-e-s par Lydie Olga Ntap, la fondatrice du musée, qui est avocate et muséologue. Lydie Olga Ntap sait parler de son musée, mais aussi des autres musées de femmes dans le monde, puisqu’elle est aussi la Vice-Présidente de l’International Association of Women’s Museums (IAWM).

Et peut-être que comme moi, vous arriverez vers 11h pour repartir après 15h..

Vous écouterez Lydie Olga Ntap vous raconter comment chaque détail, chaque objet a été pensé comme déclencheur de la parole, parce que « Bien trop de femmes dans bien trop de pays parlent la même langue : le silence ».

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Le choix de Longueuil est aussi étonnant que pertinent. En effet, la banlieue facilitait les rencontres spontanées entre voisines, entre des femmes qui vivaient confinées : « La révolution commence en banlieue », remarque Lydie Olga Ntap.

Le musée est une plongée dans l’Histoire des femmes québécoises mais aussi dans leur intimité et leur vie quotidienne.

Vous entrerez par la porte de la cuisine, « le seul espace pensé pour les femmes », selon Lydie Olga Ntap. Les femmes y étaient entourées d’objets aliénants, qui les renvoyaient à leur rôle au foyer. Et pourtant, cet espace sexué est aussi un espace de convivialité et de communication, un espace de résistance.

Le reste du parcours suivra l’histoire des Québécoises, vous pénétrerez dans leurs espaces quotidiens, des pièces qui semblent anodines, familières, mais qui, avec les explications des guides, vous sembleront étonnamment subversives.

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Cette petite maison d’après-guerre, avec son mobilier et sa décoration rétro, est en réalité un formidable laboratoire d’expérimentations pour les femmes qui pouvaient y détourner les objets du quotidien et fomenter leur libération prochaine.

A la fin du parcours, vous pourrez retrouver les bénévoles du musée et discuter de vos impressions autour d’un café et d’un excellent pouding chômeur sorti du four.

Pour poursuivre vos réflexions et les enrichir, le musée donne gratuitement des livres que vous pourrez choisir parmi une très large sélection de livres féministes.

Le musée est ouvert depuis presque 10 ans, c’est un projet porté à bout de bras par sa fondatrice, sans subventions des collectivités, et qui repose uniquement sur du bénévolat. Le musée fonctionne en autonomie financière. Il propose des expositions permanentes et temporaires, ainsi que des formations, des animations, des événements. Une campagne de financement est actuellement en ligne, intitulée « Je suis une femme et je suis d’ici », afin de récolter des fonds qui pourront permettre au musée de poursuivre ses projets et l’aider dans son fonctionnement.

Je suis rentrée les bras remplis et la tête bien pleine. L’accueil chaleureux des bénévoles de ce musée rendra votre expérience vraiment unique et mémorable.

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Informations pratiques :

Le musée est gratuit et ouvert au public le jeudi à partir de 10h.

Le musée de la femme de Longueuil
Site : http://museedelafemme.qc.ca
Adresse : 2380, boulevard Roland-Therrien,
Longueuil, Québec, J4L 1V9
Tél : 450.748.1600
Courriel : infos@museedelafemme.qc.ca

Note : Il faut savoir que si Longueuil est desservi par la STM (la Société de transport de Montréal), la ville a aussi son propre réseau de transport. A la station Longueuil-Université-de-Sherbrooke, vous pouvez prendre les autobus 410, 417 ou 76.

 

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