Au Danemark sur les pas de Karen Blixen

Hormis ses années à la tête d’une plantation dans le Kenya colonial, j’en savais peu sur Karen Blixen.

Comme beaucoup d’adolescent-e-s j’avais versé ma larme devant Out of Africa, le film inspiré de son roman autobiographique éponyme, récit de ses années sur le continent africain, dans lequel Meryl Streep donne la réplique à Robert Redford.

Mais par la suite, ayant peu d’estime pour les colons je n’avais pas cherché à en savoir plus sur cette femme qui, il faut bien le reconnaître, a eu une vie hors norme pour l’époque.

C’est à Rungsted au Danemark, à une vingtaine de kilomètres de Copenhague, que Karen Blixen a vécu une grande partie de sa vie. De passage au Danemark, c’était l’occasion d’en savoir plus.

Née ici en 1885, Karen Blixen a grandi dans cette maison, aujourd’hui musée.

 

Une enfance bourgeoise, une famille aisée. La jeune fille aimerait devenir peintre, elle n’y est pas particulièrement encouragée. En 1903, elle suit tout de même le cours préparatoire de la section féminine de l’école des beaux-arts à Copenhague. Les portraits exposés dans la maison en témoignent, Karen avait du talent.

À la tête d’une plantation de café

En 1917, mariée à l’un de ses cousins, le baron Bror von Blixen-Finecke (un mariage de raison, nous précise un panneau explicatif…), elle part au Kenya, pays alors colonisé par la Grande Bretagne et nommé British East Africa. Le couple prend la direction d’une grande plantation de café qu’ils achètent grâce à un important apport financier de la famille de Karen. Suite à une gestion calamiteuse par son mari, elle en prend la direction dès 1920.

Séparée de son mari, elle entame une liaison avec le pilote anglais Denys Finch Hatton. Mais en 1931, celui-ci décède dans un accident d’avion. Et la ferme, qui fonctionnait de moins en moins bien, finit par faire faillite. Karen décide finalement de rentrer dans son Danemark natal. Et c’est à Rungsted, chez ses parents, qu’elle retourne.

L’écriture et la publication… sous pseudonyme masculin

En 1934, sous le pseudonyme d’Isak Dinesen, elle publie « Sept contes gothiques », son premier ouvrage, chez un éditeur américain. Puis elle le traduit dans sa langue natale pour sa publication au Danemark. Il en est de même pour la publication en 1937 du roman « La Ferme africaine ». Ses romans, contes et nouvelles ont un grand succès et sont rapidement traduits et diffusés dans de nombreux autres pays.

 

C’est ici, dans cette paisible maison, qu’elle les tous a écrits. Et aussi qu’elle a fini sa vie. À quelques minutes de balade de la maison se trouve la tombe de Karen Blixen.

Assise sur un banc dans le jardin, je repense à Virginia Woolf, qui expliquait en 1928 dans son essai « Une chambre à soi » que l’un des déterminants pour produire une oeuvre romanesque, c’est d’avoir un lieu à écrire, une chambre à soi. Un détail anodin ? Au contraire, un vrai enjeu pour nombre de femmes. Avoir une chambre à soi ne fait pas tout pour devenir une grande écrivaine, mais cela y contribue.

Informations pratiques

Karen Blixen Museet, Strandvej 111, Rugnsted, Danemark
Karen-Blixen.dk
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 17h de mai à juin et au mois de septembre ; ouvert tous les jours de 10h à 17h en juillet et août ;et de 13h à 16h du mercredi au vendredi et de 11h à 16h le samedi et le dimanche d’octobre à avril.
Fermé le lundi de Pâques, le lundi de Pentecôte, les 24, 25, 26 et 31 décembre ainsi que le 1er janvier.

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